Mercredi 17 Juillet

Aux alentours de 9h, les travailleurs sont arrivés. Nous sommes restées un peu au lit, tout en laissant Flaca explorée seule les environs. Quand elle a commencé à aboyer, il était temps pour nous de sortir aussi. Nous sommes allées saluer nos bienfaiteurs, ils nous ont chaleureusement accueillies. Cyril nous avait prévenues qu’ils seraient occupés dans la matinée et qu’on aurait plus le temps de parler avec eux dans l’après-midi. On les a donc laissés tranquille et nous sommes allées au marché de Saint – Sauveur. Nous avons pris notre petit-déjeuner (exceptionnel car avec des très bonnes viennoiseries) dans le parc du Musée de Colette. Je vous laisse vous renseigner sur cette personne si vous en avez envie. Et nous sommes retournées les voir.

Nous avions eu la même idée de déjeuner et avons donc pu compléter les salades avec nos tomates fraîches et notre morbier du fromager. Nous avons mangé avec la mère de Pauline (une des salariés du jardin), ses nièces, Antoine et Mathieu (les deux autres salariés). L’ambiance était super bonne, on se sentait tellement bien. Ils étaient heureux de répondre à nos questions et de découvrir notre projet. Ils étaient contents de nous parler de leur début, de leur difficulté et puis du moment où Marion leur a mis à disposition ce bout de terrain à l’abandon. On adorait les écouter. Ils étaient passionnés, heureux, ils travaillaient dans la bonne humeur et étaient contents de véhiculer leur belle histoire qui leur a demandé beaucoup de travail. Beaucoup, beaucoup de travail avant d’arrivée à ce beau jardin fonctionnel, à ces ateliers cuisine, potager bio, etc. qu’ils animent, à tous ces adhérents heureux de venir…

L’après-midi, ils avaient organisés un atelier bricolage avec Céline de l’association « Au bonheur des chutes ». Comme son nom l’indique, elle fait le tour des grands magasins de bricolage de la région et récupère gratuitement ce qu’ils jetteraient si elle n’existait pas. Elle avait prévu de construire quatre bancs et huit tabourets en deux séances avec des adhérents de l’association du p.a.r.c. Ils nous ont proposé de participer et on a accepté. Les personnes inscrites à cette activité étaient très hétérogènes, il y avait, par exemple, un monsieur dont le métier est de construire des bacs en bois pour potager et des dames qui avaient toujours laissées leur mari faire tous les travaux. D’ailleurs petite anecdote : un des maris est passé à côté d’elles à un moment : “

  • Et bah dis donc, c’est bien la première fois que je te vois derrière une visseuse !
  • En même temps, c’est bien la première fois qu’on me laisse être derrière une visseuse !”

La construction a avancé dans la bonne humeur et dans le respect des connaissances et du temps d’apprentissage de chacun. Nous avons eu le droit à une pause aux alentours de 17h avec de la limonade maison.

Puis, nous sommes parties pour aller voir un spectacle qu’ils nous avaient conseillés le midi à une demi-heure à pied : l’Histoire de France en une heure par la compagnie La Gargouille. On a passé un très bon moment, le spectacle était rythmé, les acteurs se connaissaient par cœur et on a beaucoup rigolé.

Fatiguées, nous sommes rentrées sans payer un coup à la buvette, nous nous sommes fait une salade sans grand intérêt et nous nous sommes couchées.

Anne
le 27 juillet 2019 à 4:33

Mardi 16 Juillet

Il faut que je trouve une formule pour ne pas barber tout le monde avec la routine petit déjeuner-rangeage du camion-vaisselle-balade-départ quand elle n’a rien d’exceptionnelle.

Nous sommes parties donc aux alentours de 11h pour Auxerre. Nous avons rapidement trouvé un parking gratuit, un tabac et un endroit où nous acheter de quoi nous faire des sandwichs. Nous nous sommes posées sur un banc dans une rue piétonne large avec des arbres, on ne va pas appeler ça un parc. Nous avons très vite pris la décision de ne pas rester dormir à Auxerre.

Après le déjeuner, nous sommes allées nous poser dans un bar où nous avons pris des cafés, nous avons écrit des articles et nous avons vu qu’un café associatif que nous avions repéré avant notre départ organisait une soirée « Puisaye des possibles » le soir même. Nous sommes parties vers 17h pour Villeneuve-les-Genêts.

On a galéré pour trouver un endroit où éventuellement dormir et notre choix final était pourri. Une petite ruelle à sens unique à l’arrière du café indiqué par un homme avec un immense jardin. Mais bon, on en avait marre de chercher et puis, optimistes, on se disait que dans le café on nous indiquerait bien un meilleur endroit.

Dans le café, il n’y avait qu’une personne : Cyril. On a parlé avec lui de nous, on lui a très rapidement dit qu’on cherchait un chouette endroit où dormir. Et là, le pouvoir des réseaux humains s’est imposé à nous. Il nous a trouvé un jardin appartenant à une dame qui le prête à une association. Il a appelé toutes les personnes concernées, elles ont toutes accepté de nous laissery dormir au moins pour cette nuit. On était tellement heureuses et rassurées. On l’a remercié. Et il a continué à nous conseiller des endroits “alternatifs” dans la région et des lieux où on pourrait trouver refuge. Puis on a parlé du Café associatif. Il s’appelle « Chez M’an Jeanne et Petit Pierre ». M’an Jeanne est une artiste découverte à 71 ans. Avant, elle était occupée à travailler et à ne pas dessiner. L’exposition présentait le travail des élèves de l’école autour des personnages qu’elle avait créé. Puis, nous avons pris une bière en attendant que d’autres arrivent pour la soirée organisée.

Ne voyant personne venir, nous en avons profité pour l’interviewer. Malheureusement, et promis on ne fait pas exprès, nous n’avions pas de micro sur nous et le son obtenu avec le téléphone de Wumi n’est pas incroyable. Mais ça s’est super bien passé et ça nous a grave motivé à continuer.

Ne voyant toujours personne venir à part Florence, une des personnes qui gère également le café, nous avons demandé à Cyril de nous expliquer le principe de sa soirée. C’est un évènement régulier où les personnes qui ont des idées mais qui n’ont pas le temps ou les moyens ou qui nécessite plusieurs personnes ou qui ne veulent pas le faire tout seul les écrivent sur des feuilles accrochées à des tables. Les personnes qui sont intéressées et/ou qui veulent y participer s’y inscrivent. Pour le moment, le projet en est à ce stade là et il y a beaucoup d’idées. La prochaine étape c’est de mettre les personnes en relation pour donner vie à ces idées. Nous les avons aidés à regrouper les envies par thème.

Puis, aux alentours de 21h, nous sommes parties en direction du jardin que Cyril nous avait trouvé. La propriétaire, Marion, est venue nous accueillir. Elle nous a montré les toilettes sèches et la superbe cuisine. Elle n’a pas pu rester bien longtemps avec nous, parce que ses chiens ne savaient pas que nous étions accompagnées de Flaca et, pour le moment, ils n’étaient pas super ravis.

Elle nous a laissé, on n’imaginait pas que ça pouvait être un endroit aussi beau et accueillant même de nuit. On se sentait tellement « à la maison » qu’on a voulu télécharger un épisode de la série POSE mais il n’y avait pas de réseau du tout. Pas grave, on a mangé et on est allé se coucher.

Anne
le 27 juillet 2019 à 3:42

Dimanche 14 Juillet

Nous sommes le 27 juillet quand j’écris cette journée mais heureusement, je me suis laissée des mots clés dans mon carnet pour retracer fidèlement nos journées.

Visiblement, nous avons mal dormi toutes les deux. Après un petit déjeuner banal et une vaisselle habituelle, nous avons fait une petite balade dans le village qui nous a amenées à la pizzeria. Nous avons hésité à nous arrêter pour manger. Mais, le repas républicain du 14 juillet était prévu le soir. Ils allaient installer plein de tables et de chaises. Toutes les personnes voulant y participer devaient apporter quelque chose à manger et s’asseoir à une table. Peut-être que si nous avions mieux dormi et que nous n’avions pas appris la veille que le village voté majoritairement FN, nous nous serions installées avec eux, super heureuses de rencontrer plein de monde. Mais, comme vous l’avez compris, ce ne fut pas le cas et on réserva la pizzeria pour le soir.

Nous sommes retournées au camion. Nous nous sommes fait à manger en continuant de lire Paul B. Preciado. Nous avons mangé des nouilles chinoises avec des haricots verts et des tomates devant un match de tennis où un jeune garçon affrontait sa mère et sa grand-mère.

Après le repas, Wumi est allée se reposer dans le camion, j’ai lu un peu du volume de Lucky Luke que j’ai emprunté à ma famille. J’ai nettoyé le réchaud et j’ai écrit dans mon carnet. Wumi m’a rejoint et après avoir regardé un match de tennis bilingue anglais-français, nous sommes allées à la pizzeria.

Le repas républicain avait déjà beaucoup de succès. Nous étions contentes d’avoir notre table à l’écart et de manger des pizzas dans un restaurant qui vendait son propre pain le matin. Un concert a commencé à 20h30. Un guitariste restait sur scène et les accompagnateurs.rice-chanteuse.rs se relayaient à ses côtés (il y a eu trois hommes puis une femme). J’ai eu envie de prendre une photo de toute la place et je me suis fait cramée par une femme attablée. Je suis allée la voir pour lui montrer la photo. Quand j’ai raconté qui nous étions, elle m’a répondu : « Aaaaaah c’est vous les manouches ! » Et, mon réflexe à vouloir me faire aimer de tout le monde, de ne pas poser de problèmes, de ne pas créer de débats, de ne pas gêner, déranger, embêter, m’a fait continuer sa blague. Je me suis soulée. Un homme a changé de sujet. J’en ai profité pour partir et le raconter à Wumi : lui raconter la phrase de la dame et ma réaction qui m’a énervée.

Puis, le concert s’est transformé en bal avec comme première chanson le maddison puis le kuduro … Une table derrière nous était occupée par des touristes. Je suis allée leur parler, leur dire que c’était des sons que l’on entendait très souvent dans ce genre de fête. Ils étaient ravis, c’est exactement ce qu’ils cherchaient : un petit village paumé en France avec de la chanson française en première partie et un bal réunissant des personnes âgées et des enfants, tous souriants. Parfait.

Enfin, la soirée républicaine s’achevait par un tour du village avec les enfants tenant des torches et un camion de pompier qui ouvrait la marche. Nous avons suivi le cortège et l’avons dépassé à la fin pour aller voir les feux d’artifice pénardes. Autour du village coule une rivière, un pont le relie à notre campement. Sur ce pont, se trouve toujours un vieil homme qui nous salue tous les matins et nous parle à chaque fois qu’il nous voit. Nous sommes parties vers le camion chercher nos chaises, il nous a vu et nous a conseillé de le rejoindre parce qu’il avait la meilleure place. Il avait raison. Il nous a souhaité bonne nuit avec le sourire, nous avons fumer une dernière clope et nous nous sommes couchées.

Je vais en profiter pour vous raconter lundi. Nous avons fait une grande balade avec Flaca et nous avons fait notre première douche solaire. Point.

Anne
le 27 juillet 2019 à 2:52

Samedi 13 Juillet

Le réveil ne ressemble en rien à celui du premier départ, seule l’excitation et la hâte de partir sont là.

Je vous passe les détails barbants : on a pris le petit – déjeuner, on a promené Flaca. Bon allez, un mini détail barbant, sur la route, nous avons acheté à Flaca une balle violette qui fait du bruit dont elle est complètement folle. Et comme on était jalouses, on ne s’est pas achetée une balle qui fait du bruit mais le livre de Paul B. Preciado que nous cherchions depuis longtemps et que nous ne pensions pas trouver dans cette ville de droite pour être complètement honnête. Pour le reste, on a fini de ranger, on a fait une douche chacune, on a mangé deux tartines de tarama et on a remercié et embrassé Laurent. Et, je vous l’écrit avec un grand sourire, on est parti !

Encore une fois, on s’est arrêté très vite pour s’acheter à manger et on est reparti aussitôt.

Quand j’étais jeune et que je partais en vacances avec ma famille, je me rappelle que ma mère lisait des livres à mon père pendant qu’il conduisait. A ce moment là, je les détestais parce que je voulais écouter de la musique et je n’avais pas un casque qui m’empêchait de l’entendre. Et puis, je les détestais aussi pour le principe (baci a voi due !). Puis, en grandissant, j’ai trouvé cette scène belle et pleine d’amour. Pourquoi je vous raconte ça ? Et bien, parce que lors de ce trajet, ma femme m’a lu le début de Un appartement sur Uranus (de Paul B. Preciado) avec des pauses de faisage de sandwichs et jusqu’à ce que l’on arrive à La Ferté Loupière.

On a trouvé très vite un super endroit où garer notre camion et on est allé se balader. On a découvert Acanthe, une association d’artistes. La personne présente dans l’atelier nous a parlé des festivités du week – end puis nous a donné des flyers des environs. Elle nous a aussi dit que le village votait majoritairement FN. On aurait préféré ne pas le savoir ou le savoir plus tard. On aurait aimé se faire une idée de l’endroit sans a priori, mais bon, trop tard.

En plus des événements liés au 14 juillet, l’association exposait deux artistes, la première dans les locaux de l’association ne nous a pas particulièrement touchées. Alors, nous sommes allées dans la grange, derrière l’Eglise, et j’ai trouvé le travail d’Emmanuel Krouk plus prenant. D’ailleurs en parlant de l’église, il faut que vous sachiez que Wumi adore les visiter, toutes qu’elles soient petites, grandes, en bois, en paille, détruites mais pas trop, etc. J’ai bien aimé celle – ci et c’est très rare. Vous pouvez la chercher sur internet si vous voulez, elle est “spéciale”.

Puis, nous sommes allées nous reposer et lire Paul B. Preciado près du camion avant le premier duo du week-end. A 17h, nous y sommes allées mais nous ne sommes pas restées jusqu’au bout. Un autre concert était organisé dans le jardin d’un couple de parisiens possédant une maison secondaire dans les environs. Ça avait l’air sympa, tout le monde devait apporter à manger mais on était pas motivées.

Nous nous sommes posées sur une table à côté de l’église et nous l’avons rempli au fur et à mesure : carnet, stylo, trucs anti-moustiques puis livres, magazines et enfin assiettes, couverts, aliments, planche à découper, réchaud. Nous nous sommes fait des pâtes brocolis – truite fumée : un délice. Et, fatiguées, nous avons fait une dernière balade pour la petite Flaque et nous nous sommes couchées chez nous, dans notre maison, dans notre lit.

Anne
le 16 juillet 2019 à 4:37

Une semaine à Sens

Du 05/07/2019 au 13/07/2019

Nous avions rendez vous à Sens le samedi matin avec le collectif sénonais de soutien aux migrants et aux réfugiés. Wumi a écrit un très bel article sur le sujet ici.

A la suite de ce rassemblement, nous sommes restées boire un coup avec les quelques activistes encore présent. Nous en avons profité pour nous présenter et parler de notre projet. Il a intéressé un certain nombre d’entre elles (la majorité l’emporte), comme Murielle, une jeune femme de 72 ans vivant avec sa mère de presque 102 ans. Elle nous a invité à venir leur rendre visite le lundi après la sieste. Bien évidemment, nous y sommes allées. Je vous ferai un résumé de cette entrevue plus tard, pour le moment je rattrape notre retard.

Lors du rassemblement, nous avons pu parlé avec trois personnes. Une qui nous en a présentée deux autres pour être précise. La première, Karine, a évoqué très vite le camp de Jaulges dans le récit de sa mobilisation. La deuxième personne, Regis, nous en a parlé très vite aussi. Il fut assez vite évident pour nous que nous devions y aller. Regis nous a proposé de nous y amener mardi, le rendez – vous était pris. Wumi parle du camp dans son article que vous êtes déjà allés voir parce que je vous ai déjà dit d’aller le lire. Nous avons également eu la chance de parler avec un des jeunes vivant dans ce camp depuis deux ans et demi . Nous sommes en train de travailler à la retranscription de son histoire.

Pour le reste, nous avons occupées notre temps à Sens à écrire dans les blogs et retranscrire les interviews que nous avons faites, à nous balader longuement avec Flaca en discutant de ce que nous avions vu et/ou entendu la journée ou de notre projet, à regarder des matchs de football et notamment la finale de la coupe du monde et à parler avec notre hôte et ses amis ou famille.

Nous avons passé une belle semaine à Sens qui nous a aussi fait réfléchir à la notion de « faire et ne rien faire ». En effet, il nous arrive parfois de nous sentir “inutiles”, d’avoir l’impression de ne servir à rien, d’être en vacances. Dans ces moments, on se demande ce qu’on veut faire de notre vie, comment on veut l’occuper, qu’est ce qu’on veut apporter au monde et à nous même ? On se répond qu’on veut croire et, si on a raison, montrer qu’il existe une multitude infinie de chemin et on veut trouver le nôtre. On est pas pressées. Pour le moment, on voyage, on découvre, on apprend, on imagine, on rêve, on s’adapte, on change, on improvise, on balade Flaca, on écrit, on parle, on pense à nos interviews et à comment les mettre en place, à notre stand de cartes postales personnalisées aussi… Et ça nous convient. Comme dirait mes parents, on ne recule pas même quand on se perd et qu’on fait demi tour.

Et, pour finir cette semaine en beauté, nous avons pu assister au son et lumière sur la cathédrale de Sens, spectacle qui nous a beaucoup plu. En revenant de cette prouesse technique, nous avons de nouveau discuté de notre projet et trouvé un angle d’attaque qui nous plait beaucoup et que nous avons hâte d’essayer : nous voilà de nouveau excitées et pressées de repartir sur la route !

Anne
le 16 juillet 2019 à 3:38

Vendredi 5 juillet

Nous sommes au bord d’un étang de pêcheurs et de promeneurs qui n’hésite pas à venir tôt pour cueillir la nature quand elle est encore calme et silencieuse. Raté, Flaca les entend arriver et, depuis le camion, leur grogne et leur aboie dessus. Une vieille dame demande à ses chiens de nous laisser dormir tranquillement. Mais, rien n’y fait. Je finis donc par sortir avec ma chienne et calmer toute la petite bande de canidés.

Puis, je décide d’aller courir. Je n’ai ni réussi ni eu envie de le caler quelque part depuis le début du voyage, alors pourquoi pas. Cette fois – ci, c’est raté pour moi. Je cours à peine quinze minutes (et, en plus, dix puis cinq) mais mes jambes ne suivent pas. Bon, je suis un peu dégoutée mais je me rassure en me trouvant des excuses. On verra bien si je retente.

Du coup, petit déjeuner avec ma femme d’amour puis on retourne aux toilettes pour la vaisselle et la nouvelle tentative de caca. Et, avec cette chaleur étouffante, on est bien heureuses d’avoir trouvé un coin où se baigner. On a joué comme des enfants pendant un bon moment. Jusqu’à être épuisées et affamées en fait.

On s’est fait à manger avec la fin du fromage à tartiner de la veille qui était resté dans notre garde manger sous notre lit et dans une glacière pour faire semblant. La conservation était absolument parfaite. Bon, en tous cas, ça fait une semaine aujourd’hui et je suis toujours pas morte.

Après le repas, nous avons écrit, lu et écouté des podcasts sur le féminisme et l’afro-féminisme, notamment dans le sport. Nous faisions quelques pauses dans l’Yonne pour nous rafraichir. Lors de notre dernier tuffo, nous sommes finalement allées voir ce monsieur que nous avions repéré depuis la veille. Il a passé la nuit dans sa voiture, au bord de l’Yonne. Même si on fait à peu près la même chose, sa situation nous semblait différente, moins choisie peut-être. Nous lui avons demandé si tout allait bien, s’il avait besoin d’eau ou de nourritures. On a un peu insisté et il a accepté nos gâteaux. On est resté parler avec lui. C’est un monsieur d’une quarantaine d’années qui vient réfléchir à ses problèmes en buvant et fumant. Ce n’était pas la première fois qu’il venait ici et le tapis de cigarettes était là pour nous le prouver. On l’a écouté, on a essayé maladroitement, comme des jeunes utopistes, de le conseiller et on l’a laissé en lui souhaitant de prendre les bonnes décisions

Et, nous sommes parties. Cette fois – ci, nous avions rendez-vous chez un ami qui habite à Sens. Nous avons été très chaleureusement accueillies. Il était avec deux amis. Nous avons parlé tous ensemble, l’un d’eux vit, lui aussi, dans un camion aménagé. Nous avons partagé quelques anecdotes et nous avons raconté ce que nous voulions faire de notre voyage : les interviews. Il nous a dit qu’il contacterait sa mère qui pourrait nous trouver des personnes intéressées. Aaaah ça commence !

Puis tout ce beau monde est parti de son côté, nous avons mangé une salade fraîche et nous sommes sorties à notre tour. Mon ami, nous avait parlé d’un son et lumière sur la cathédrale qui nous avait donné envie. Nous sommes arrivées le seul week-end de l’année où il est remplacé par un festival à Sens. A la place nous sommes allées voir un spectacle de danse contemporaine qui nous a beaucoup plu. On s’est demandé à quoi était dû le manque de synchronisation qui paraît être la clé de la réussite d’une telle représentation.

Puis dodo et à demain !

Anne
le 12 juillet 2019 à 7:42

Jeudi 4 juillet

Nous avons bien dormi cette nuit malgré l’ambiance austère que nous avions ressentie.

Le vieux monsieur de la veille est déjà dans son potager en train de nous fixer. Et nous sommes en train de nous installer pour manger. Wumi se bat avec le vent et le réchaud pour nous faire un café. Mais il n’y a rien à faire, nous sommes à court de gaz. Ce sera donc un petit déjeuner à l’eau froide.

Puis, on prépare le camion et on fait la balade matinale avec la petite Flaque qui n’attend que ça. A notre retour, le parc est rempli de jeunes enfants. Nous posons à peine le pied sur la pelouse, qu’un groupe vient nous accueillir en nous demandant si le camion nous appartient. On leur propose de le leur montrer. Ils sont super contents et préviennent les autres.

On se retrouve entourées d’une petite dizaine d’enfants curieux. Leur maître ne cesse de les rappeler à l’ordre et leur demande de ne pas nous déranger alors que nous insistons pour dire, qu’au contraire, nous sommes ravies de leur répondre. Ils restent finalement avec nous pendant toute leur récré. Ils nous demandent si on a une maison et sont choqués d’apprendre que notre camion est notre maison et que nous dormons dedans. Ils nous demandent où est ce qu’on a trouvé l’argent pour l’acheter et où on trouve l’argent pour le faire avancer ? On leur dit qu’on a économisé et qu’on gagne un peu d’argent tous les mois. Une jeune fille nous répond : “Aaaaaah, vous avez pas de maison, parce que vous n’avez pas d’argent !” Ça nous a bien fait rigoler. On a également une discussion sur le fait “d’être une fille” et d’avoir les cheveux courts. Quand on leur demande ce que sont leurs rêves, ils nous ont tous dit qu’il voulait voyager, faire le tour du monde. Deux filles ont complété cette réponse par “être maîtresse” ou “être baby-sitter”.

On était vraiment très contente d’avoir passé ce moment avec eux et d’avoir pu leur parler. Fin de la récré pour tout le monde, ils retournent en classe et on repart sur la route. Nous allons à Bray pour récupérer une bouteille de gaz comme nous l’a conseillé la personne à laquelle nous avons demandé.

On trouve le magasin facilement en demandant à un passant puis on s’installe au bord de l’Yonne pour déjeuner. Putain, le temps passe super vite, en écrivant j’ai l’impression qu’on vient de finir le petit déjeuner et qu’on remange direct ! On se fait le café manqué de ce matin, on prend l’Atlas et on choisit deux destinations. La deuxième est là au cas où la première ne nous satisferait pas. Et c’est elle qui gagne, nous voilà à Pont-sur-Yonne.

En arrivant, on aperçoit un groupe d’arbres faisant de l’ombre à quelques camping-cars. On y va. L’une des personnes de ce campement vient à notre rencontre et nous invite à nous installer avec eux. C’est ce qu’on fait. Puis, on va se présenter et on leur demande s’ils savent où on peut se baigner. Il nous propose de le faire en face, on est pas archi chaude. On va demander à une vieille dame qui passe par là, elle nous indique un endroit plus loin. Elle parle même d’une mini plage. On préfère cette option.

On y va. Mais, malheureusement, je ne suis pas rassurée et ça me fait chier. Les personnes qui nous ont invitées à nous poser avec eux sont des gens du voyage. Et je me suis fait avoir par les idées reçues. Elles ne m’ont pas bloquée au point de ne pas aller me baigner alors que j’en meurs d’envie. Mais, j’ai peur qu’ils nous volent. C’est horrible à dire et ça me peine de le ressentir mais voilà, c’est comme ça. J’en parle à Wumi qui n’avait pas l’air d’être au courant de cette rumeur. Et puis, affronter les clichés ça commence probablement par soi-même. J’ai peur irrationnellement et je ne vais pas me laisser faire.

On suit la route. Elle nous mène à une mini-mini-plage d’herbe qui donne sur l’Yonne à droite et une petite forêt au bord d’un étang à gauche. L’endroit est mille fois plus sympa que le parking où nous sommes garées sur les graviers, sans herbe, très proche de la ville et de la route, avec des lampadaires et très peu d’ombre. Notre choix est vite fait. On se baigne et on retourne au parking.

Évidemment le camion et toutes nos affaires sont toujours là. Je suis triste de me sentir rassurée. Nous voulions faire la vaisselle puis avertir nos voisins que nous allions déménager et leur proposer de nous suivre. Mais, pendant que Wumi est affairée dans les toilettes du terrain de pétanque, les gendarmes arrivent. Ils vont voir le monsieur qui nous avait accueillies. Et commencent à relever les plaques d’immatriculation, on décide donc de bouger le camion tout de suite.

A mon retour, les gendarmes sont en train de partir. On va dire à nos anciens voisins qu’il y a un parking bien plus sympa au bout de la route. Ils étaient déjà allés voir mais il n’est pas possible pour eux de se garer avec leurs caravanes. Ils voulaient rester ici quelques jours avant d’aller rejoindre des amis dans un immense camp à vingt minutes. Les gendarmes leur ont laissé jusqu’à dimanche. Mais le terrain ne leur plait pas.

On les laisse et on retourne à notre nouveau paradis. On se repose un peu, on se fait un petit goûter avec des gâteaux et on apprécie l’endroit.

Puis, on part en ville, les camping-cars ne sont plus là. On achète de quoi se faire à manger et une bouteille de rosé pour accompagner le museau de porc sur conseil des charcutiers. Wumi rencontre une dame et son chien dans un parc. On reste un peu parler avec elle. Elle est ouverte, franche, gentille, on passe un bon moment en sa compagnie.

On retourne à notre campement, on se fait un super repas. On parle du racisme et des choses que l’on a pu dire avant et qu’on ne dirait plus maintenant. On retourne aux toilettes du stade en espérant faire caca mais elles font carrément peur la nuit et elles réussissent à nous constiper. On retourne au camion, on parle encore un peu et on s’endort dans cette agréable forêt noire.

Anne
le 12 juillet 2019 à 6:44

Complexes et compagnie

Je suis revenue en France ! Et mes complexes aussi

Je suis de retour en France et tout se passe mille fois mieux maintenant que j’ai débuté le projet Les Faces B avec Anne ; qui raconte avec beaucoup de talent nos péripéties de début de voyage ici et ici ! Lorsque j’étais encore à Dubai, sa soeur Ornella m’a demandé si j’étais intéressée pour participer à un shooting photo qu’elle organisait pour sa marque de vêtements. J’ai très poliment décliné son offre, je n’étais pas du tout prête à faire semblant d’être bien dans ma peau devant une caméra. J’étais convaincue que le rendu serait horrible, et en écrivant cet article je me rends même compte que cette décision était assez égoïste.

J’suis pas mannequin, j’suis top modèle 😋

Je n’étais pas du tout chaude pour faire ces photos – principalement à cause de ça… Et puis, je savais qu’il y aurait des femmes beaucoup plus fines et charismatiques que moi durant ce shooting. J’avais peur d’appuyer sur le bouton imaginaire “comparaison” qui s’enclenche habituellement tout seul. J’ai cependant accepté la proposition d’Ornella sans trop réfléchir durant un déjeuner en famille. Peut-être que c’est le fait de la voir gérer son entreprise Kountac et sa marque de vêtements Kroskel qui m’ont donné envie de participer à cette expérience. Il faut dire que les moments que j’ai passé avec elle m’ont donné envie de m’investir pleinement dans les projets que j’ai en tête, c’est un shoot de motivation c’te meuf (wesh).

Un projet ambitieux et qui a de l’avenir

Kountac

Kountac, c’est un marketplace en ligne sur lequel on peut acheter des vêtements faits par des créatrices et créateurs africains. Kountac met en avant le Made In Africa et répond aux différentes problématiques qui incombent la commercialisation en ligne en Afrique. Je trouve qu’en plus d’être avant-gardiste, ce programme va permettre au marché de la mode en Afrique de se développer aussi bien à l’échelle du continent qu’à l’international. Je ne rencontre pas souvent des personnes qui souhaitent avoir un rôle dans l’amélioration du continent africain. D’une certaine manière, l’objectif de ce projet me fait penser à l’objectif du projet que mon père porte depuis plus d’une décennie : créer un centre de formation agricole à Ondo (si je me trompe pas) pour aider les jeunes à cultiver et rentabiliser les terres de sa ville rurale natale.

Je t’invite grandement à aller suivre Kountac sur ses réseaux sociaux, et à visiter le site officiel !

Le site de Kountac : https://www.kountac.fr/

Facebook : https://www.facebook.com/KountacMonde/

Instagram : https://www.instagram.com/kountacmonde/

Si tu souhaites contacter Kountac pour en savoir plus sur cette plateforme et ce qu’elle peut t’apporter en tant que créatrice/créateur africain, envoi un email à : contact@kountac.fr !

Le shooting

Le shooting a été organisé chez Ornella. Elle avait fait appel à des amies mais aussi à des mannequins bénévoles en postant la proposition sur Facebook et plusieurs personnes y avaient répondu. Anne était la photographe de la séance et elle a assuré de dingue sur le plateau – aka la chambre à coucher ! Je l’ai trouvé très talentueuse et légitime dans ce rôle de photographe. Elle a réussi à mettre tous les mannequins à l’aise devant la caméra malgré la pression et les insécurités qu’on peut tout.e.s expérimenter concernant notre physique. Ornella, grâce à son œil artistique et bienveillant, nous a préparé et guidé tout au long de la journée sans jamais perdre patience (même durant l’attente insatiable d’un déjeuner bien mérité qui est arrivé avec beaucoup de retard (on ne citera pas le nom de la personne qui était chargée de cette mission par peur de représailles)). Les photos étaient vraiment réussies et les vêtements mis en valeur malgré notre configuration luminaire non professionnelle (je te laisse voir le résultat final sur le site de Kountac).

La première partie du shooting photo était très peu stressante pour moi car je n’ai pas posé le premier jour ! J’étais plutôt contente de servir à autre chose : repasser les créations, aider les mannequins à choisir des bijoux accordés à leurs magnifiques tenues avec Dona (la mère de Anne), qui malgré son planning chargé (elle était, entre autres, actrice dans le merveilleux spectacle de Janvry qui avait eu lieu la veille et qui se produisait le soir même) apportait son aide sur ces tâches. En plus de cela, j’étais toute coquette car Ornella m’avait coiffé et maquillé en pensant que je poserais ce jour-là.

Mon heure de gloire est survenue le week-end qui a suivi. C’était la première fois que je posais pour un shooting, qui plus est sans avoir à m’épiler ! Ça faisait très longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi belle. Je me suis fait du bien tout en dépannant Orné pour son projet. Merci Orne pour cette opportunité qui m’a soulagé de mes complexes durant quelques jours ! Peut-être qu’on a besoin de plus de shooting photos de ce style pour ce sentir légitime d’aimer son corps (je sais pas, je suggère). Le fait d’être avec des membres de la famille m’a aussi beaucoup aidé à ne plus me juger, car je sentais que je pouvais être Wumi. J’étais dans une safe place!

Ce qui est assez drôle, c’est que sur le coup, j’avais complètement oublié que mes poils étaient là (je ne les rase plus depuis quelques mois). Et lorsque j’ai regardé le résultat, la première chose que j’ai cherché c’était s’ils étaient voyants sur les photos ! Je pense qu’une étape a été franchie dans ma lutte contre les complexes et ce shooting en fait clairement parti.

Je me suis sentie légitimement belle ce jour-là. Tout ce qui est prohibé quand tu veux physiquement correspondre aux critères de beauté basiques étaient au rendez-vous

Madison, une poupée Myscene! Ne l’achetez pas, elle n’est pas réaliste

Voilà comment je peux résumer cette expérience : C’est le jour où je me suis sentie belle avec mes rondeurs, mon acné, et mes long poils noirs de jambes et d’aisselles.

Wumi
le 11 juillet 2019 à 6:33

Mercredi 3 juillet

Alors, entre la lumière des lampadaires, le bruit du trafic, la peur de se faire virer par les flics, les grognements et aboiements de Flaca à chaque voiture qui se gare dans le parking, je vous laisse vous imaginer la qualité de notre nuit.

Mais, on ne se laisse pas abattre, on avait décidé de faire plein de trucs aujourd’hui : la vaisselle dans les toilettes du parking, aller au marché qui se trouve à l’opposé de la ville pour nous acheter un chouette petit – déjeuner et nous poser l’après – midi avec notre stand.

On commence tranquillement notre programme : vaisselle et caca dans des toilettes : check. On part au marché. On arrive là – bas, on a grave la dalle. C’est un tout petit truc couvert avec poissonnier, boucher, charcutier et maraîcher. On a un peu le seum, il faut le dire, mais on se laisse pas faire. On prend des fruits et des légumes. On tombe sur un vendeur super sympa avec lequel on rigole bien et qui nous offre deux énormes courgettes, une courgette ronde jaune parce qu’on avait choisi les vertes, trois artichauts et nous fait payer un euro de moins. Trop cool !

Wumi va à la boulangerie puis on se dirige vers un square qu’on avait découvert la veille. On se pose sur une table au soleil, on mange nos viennoiseries et là ça commence. Je me sens hyper fatiguée et j’ai encore grave la dalle. Wumi se propose d’aller faire des courses pendant que je reste avec Flaca. Je me repose et joue un peu avec elle. Wumi revient, elle m’a acheté un crottin. Et, vraiment, elle M’a acheté un crottin parce qu’elle aime pas le chèvre. C’était vraiment juste pour me faire plaisir. Et ça a marché. On mange un sandwich Loïc – truite et on décide de gravir la côte tout de suite avant d’être assommées par notre fatigue et la digestion.

Je laisse Wumi et Flaca au hangar, je dépose les courses au camion, je reviens, on mange, on se regarde et, on le sent pas. On est fatiguées, on a pas envie de se forcer, on abandonne le plan du stand. On remplit nos bouteilles, on se vide dans les toilettes et on se casse.

On va jusqu’à Vimpelles, petit village perdu à 20km de Provins. On aperçoit un chouette endroit où garer notre camion mais on cherche mieux, on ne trouve pas et on y retourne. C’est une espèce de parc entouré d’arbres au feuillage carré suffisamment espacés pour y garer le camion à l’ombre de ce branchage naturel. Un vieil homme passe par là, je lui demande si on gêne. Il me répond que “non” mais insiste pour que nous allions au parking du terrain de basket. On ne préfère pas, ce n’est pas de l’herbe et ce n’est pas à l’ombre.

On se repose un peu dans le camion, je répare ma connerie de la veille avec des outils achetés en partant de Provins et Wumi se pose sur un banc pour écrire dans son carnet. Puis, on se balade un peu dans ce tout petit village dans lequel on ne se sent pas vraiment la bienvenue depuis le vieux monsieur. On croise une dame qui nous rit à la gueule quand on lui demande s’il y a un café dans le coin. Puis, à notre retour de balade, on se pose dans le parc. Un homme accompagné de son chien, s’éloigne au maximum de nous et de Flaca lorsqu’il nous aperçoit. Et, le vieux monsieur n’arrête pas de nous fixer depuis son potager. Mais, on continue à vivre.

On installe notre table, nos chaises, le réchaud et je commence à faire à manger. Un groupe de joggeurs rattrapera l’accueil pas terrible par de grands sourires et de franches salutations. Ça m’aura fait plaisir.

On mange en amoureuse, face à face dans ce parc où les gens qui le longent ne cessent de nous fixer sans sourire et sans saluer. En plus, il y a beaucoup de trafic avec la présence d’un camion – pizza vers le fameux terrain de basket.

Puis, on se pose, je lis, Wumi me gratte le crâne, c’est agréable. On va se balader encore une fois, on critique les maisons et on laisse aller bon train nos préjugés, on s’en fout. C’est con, hein, mais ça m’a fait du bien de me dire que c’était juste des pauvres riches perdus dans leur campagne de merde et avec leur peur de merde.

On est rentré, on a lu encore un peu et on s’est couché assez vite. Cette nuit – là, je ferais un rêve dans lequel les habitants du village venaient avec des fourches, des torches, etc. pour nous virer de chez eux.

Anne
le 10 juillet 2019 à 4:18

Mardi 2 Juillet

Là, c’est bon, je peux le dire, ce fut un réveil comme dans les films, idyllique, absolument parfait ! Il y avait le bruit des oiseaux, le bruit blanc de l’eau (comprendra qui comprendra), un rayon de soleil nous caressait la joue et, après avoir ouvert la porte à une Flaca insistante, la quiétude de la nature nous berçait agréablement. On a pris notre temps pour sortir de notre cocon puis la Flaca insistante a gagné une micro balade avant notre premier petit déjeuner.

Avant le Grand Départ nous avions pensé à acheter une petite cafetière italienne, des tartines de pain complet carré en tranches et de la pâte à tartiner. Ce petit déjeuner m’a fait penser à Elisabeth et m’a donné envie d’acheter du lait en petites bouteilles comme on le faisait en Italie. Il semblait incomplet sans ça.

Puis nous sommes allées nous promener à la recherche de poubelles. On a gardé le carton et le verre mais on a pu se débarrasser de notre sac de PQ usagés et autres enveloppes alimentaires. Et nous avons pris la route.

Nous nous sommes vite arrêtées à Provins, ville touristique exceptionnelle selon notre Atlas. Dès l’entrée de la ville se trouve l’office de tourisme, son immense parking gratuit, son immense hangar abritant de grandes tables de pique – nique, un terrain de jeu pour enfant, des toilettes et, plus loin, un parking payant pour camping car. N’appartenant pas à cette catégorie, nous nous sommes garées, pas rassurées, sur le gratuit.

A force de prendre le temps, il passe sans vraiment que l’on s’en rende compte, seule la faim reste concentrée. A notre arrivée, deux personnes étaient en train de manger des tartines de pâté. Flaca leur a foncé dessus. Nous l’avons suivie. Elle a obtenu du pâté. Nous avons obtenu des indications pour aller en acheter. Et nous sommes donc reparties.

Sur la route, nous avons trouvé une cachette où nous pourrions éventuellement passer la nuit si l’option parking s’avérait être impossible. Comment pourrais – je décrire cette cachette ? Grosse route, genre boulevard, et petite route cailloutée sur la gauche avec un gros panneau publicitaire indiquant le magasin dans cette direction. On a donc suivi la route de caillou qui, en fait, était juste un rien du tout qui contournait un gros bâtiment. (La route du magasin se trouvait quelques mètres plus loin.) Mais, on a trouvé, au bord de cette route, déjà très étroite, un arbre avec un tout petit espace vert de la taille de notre camion. Bon ma description pue la merde. Mais, ce que je veux dire c’est que la cachette consiste en un arbre dans une route un peu cachée au milieu de bâtiments industriels. Voilà. Et ce que je veux dire en fait c’est qu’elle était super naze cette cachette !

On s’est rendu compte que nous n’étions pas super rassurées par l’option parking gratuit proche d’un parking payant pour camping – car. Wumi a fait les courses et nous sommes retournées à notre point initial.

Nous sommes allées manger dans le hangar rempli d’enfants bruyants… Un groupe de garçons tournait autour de Flaca. Quand je me suis approchée d’elle, ils m’ont emboîté le pas. Certains avaient peur mais on réussit du bout du doigt à la caresser et les autres, confiants, montraient qu’ils étaient super à l’aise en lui faisant des caresses énergiques. Puis, ils sont partis et un groupe de filles est venu. Leur contact avec Flaca était différent. Peut – être parce qu’elles ne cherchaient pas à n’impressionner les autres mais voulaient juste partager un moment avec Flaca. L’une d’elles nous a remercié de les avoir laissées la caresser et tout le monde est parti de son côté.

Nous avons créé et suivi un mélange des parcours conseillés sur la carte que nous avions pris à l’office de tourisme. Lors de ce tour, nous avons trouvé un endroit où nous pourrions poser notre stand de cartes postales personnalisées le lendemain. Nous avons aussi aperçu quelques endroits où éventuellement poser notre camion si l’option parking s’avérait être impossible. Pas rassurées je vous ai dit.

Après une énorme côte, nous sommes retournées au début de notre balade et nous sommes posées en dégustant des glaces artisanales. Puis, nous avons fait un tour de repérage en camion de toutes nos options “nuit” sans succès parce que : trop en pente, pas à l’ombre, pas de places, etc. On est retourné au parking, c’est notre dernier mot !

En faisant le message vocal de notre trajet et de notre journée à mon petit frère, et surtout en trifouillant les choses qui m’entouraient, j’ai mis un câble USB dans une prise cigare et j’ai fait un court – circuit. Putain la merde ! J’appelle mon père qui me répond juste “Ah”, me donne l’impression de cesser toute activité, de s’asseoir tranquillement et d’attendre calmement la suite de mon “Papa, j’ai fait une bêtise”. Bon, il s’avère qu’il avait raison de ne pas paniquer. Il avait eu la bonne idée de mettre un fusible entre notre boitier “quichargetout” et la batterie externe. Il suffisait de le changer et il avait même pensé à en mettre un de rechange dans la boite de la batterie. Il nous fallait juste acheter quelques outils. Putain quel génie !

On s’est fait à manger sur une petite butte avec vue sur le parking et au milieu d’un nuage de moucherons. On a essayé de regarder USA – Angleterre sans succès. Et, on est donc retourné se balader, on a vu de la place là où il n’y en avait pas lors de notre tour en camion, on a hésité puis on a gardé l’option parking. On verra bien.

P.S. : “Pas rassurée je vous dit” : on a demandé au mec du parking comme je vous ai dit, à une dame de l’office de tourisme, à un couple en camping car dans le parking adapté et à une personne qui nettoyait les toilettes.

Anne
le 10 juillet 2019 à 3:06

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