Mercredi 3 juillet

Alors, entre la lumière des lampadaires, le bruit du trafic, la peur de se faire virer par les flics, les grognements et aboiements de Flaca à chaque voiture qui se gare dans le parking, je vous laisse vous imaginer la qualité de notre nuit.

Mais, on ne se laisse pas abattre, on avait décidé de faire plein de trucs aujourd’hui : la vaisselle dans les toilettes du parking, aller au marché qui se trouve à l’opposé de la ville pour nous acheter un chouette petit – déjeuner et nous poser l’après – midi avec notre stand.

On commence tranquillement notre programme : vaisselle et caca dans des toilettes : check. On part au marché. On arrive là – bas, on a grave la dalle. C’est un tout petit truc couvert avec poissonnier, boucher, charcutier et maraîcher. On a un peu le seum, il faut le dire, mais on se laisse pas faire. On prend des fruits et des légumes. On tombe sur un vendeur super sympa avec lequel on rigole bien et qui nous offre deux énormes courgettes, une courgette ronde jaune parce qu’on avait choisi les vertes, trois artichauts et nous fait payer un euro de moins. Trop cool !

Wumi va à la boulangerie puis on se dirige vers un square qu’on avait découvert la veille. On se pose sur une table au soleil, on mange nos viennoiseries et là ça commence. Je me sens hyper fatiguée et j’ai encore grave la dalle. Wumi se propose d’aller faire des courses pendant que je reste avec Flaca. Je me repose et joue un peu avec elle. Wumi revient, elle m’a acheté un crottin. Et, vraiment, elle M’a acheté un crottin parce qu’elle aime pas le chèvre. C’était vraiment juste pour me faire plaisir. Et ça a marché. On mange un sandwich Loïc – truite et on décide de gravir la côte tout de suite avant d’être assommées par notre fatigue et la digestion.

Je laisse Wumi et Flaca au hangar, je dépose les courses au camion, je reviens, on mange, on se regarde et, on le sent pas. On est fatiguées, on a pas envie de se forcer, on abandonne le plan du stand. On remplit nos bouteilles, on se vide dans les toilettes et on se casse.

On va jusqu’à Vimpelles, petit village perdu à 20km de Provins. On aperçoit un chouette endroit où garer notre camion mais on cherche mieux, on ne trouve pas et on y retourne. C’est une espèce de parc entouré d’arbres au feuillage carré suffisamment espacés pour y garer le camion à l’ombre de ce branchage naturel. Un vieil homme passe par là, je lui demande si on gêne. Il me répond que « non » mais insiste pour que nous allions au parking du terrain de basket. On ne préfère pas, ce n’est pas de l’herbe et ce n’est pas à l’ombre.

On se repose un peu dans le camion, je répare ma connerie de la veille avec des outils achetés en partant de Provins et Wumi se pose sur un banc pour écrire dans son carnet. Puis, on se balade un peu dans ce tout petit village dans lequel on ne se sent pas vraiment la bienvenue depuis le vieux monsieur. On croise une dame qui nous rit à la gueule quand on lui demande s’il y a un café dans le coin. Puis, à notre retour de balade, on se pose dans le parc. Un homme accompagné de son chien, s’éloigne au maximum de nous et de Flaca lorsqu’il nous aperçoit. Et, le vieux monsieur n’arrête pas de nous fixer depuis son potager. Mais, on continue à vivre.

On installe notre table, nos chaises, le réchaud et je commence à faire à manger. Un groupe de joggeurs rattrapera l’accueil pas terrible par de grands sourires et de franches salutations. Ça m’aura fait plaisir.

On mange en amoureuse, face à face dans ce parc où les gens qui le longent ne cessent de nous fixer sans sourire et sans saluer. En plus, il y a beaucoup de trafic avec la présence d’un camion – pizza vers le fameux terrain de basket.

Puis, on se pose, je lis, Wumi me gratte le crâne, c’est agréable. On va se balader encore une fois, on critique les maisons et on laisse aller bon train nos préjugés, on s’en fout. C’est con, hein, mais ça m’a fait du bien de me dire que c’était juste des pauvres riches perdus dans leur campagne de merde et avec leur peur de merde.

On est rentré, on a lu encore un peu et on s’est couché assez vite. Cette nuit – là, je ferais un rêve dans lequel les habitants du village venaient avec des fourches, des torches, etc. pour nous virer de chez eux.

Commentaires

  1. Ornella

    Tiens, j’aime énormément celui là !
    D’abord le fait que vous suivez vos intuitions !
    Ensuite le fait que vous écoutez vos corps !
    On continue avec le fait que vous ne vous laissez pas faire !
    Et on termine avec la sincérité de se dire que ça fait du bien, parfois, de penser que les gens sont simplement cons dans leurs peurs et leur ignorance.
    Bonne suite de voyage 🙂 !

    Des bisous d’une lectrice qui ne vous connaît même pas :-p (je vais essayer de continuer avec mes blagues pourries)
    Je vote NON pour l’équation de Math à résoudre !!!

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