Ma couleur de peau

Une fois de plus, je viens te livrer ma pensée avec beaucoup de retard (j’ai commencé à écrire cet article le 8 août) !

Vivre à Montreuil m’a protégée pendant 22 ans de cette forme de haine qu’on appelle racisme. Il y en a là-bas, faut pas se leurrer ! Mais je n’avais jamais expérimenter le bon vieux racisme originel.

La première expérience de haine que j’ai vécu fut à Dole ce jeudi 8 août. On est parties en fin de marché histoire de récupérer quelques invendus. C’est moi qui me suit coller la demande, Anne essayant toujours de me faire sortir de ma zone de confort (c’est aussi pour ça qu’on l’aime). Je suis ressortie de la halle de marché, humiliée et triste. D’une part, je n’aime pas demander service (sauf aux personnes qui me sont proches, je suis une sorte de Madame Portseski-Amoitié (ce qui signifie que même débordée, j’évite de demander de l’aide tant que je le peu)). D’autre part, la façon dont j’ai été dévisagée et dont on m’a répondu n’étaient rien d’autre que des signes de mépris. Qui plus est, par deux vendeuses différentes. Je m’en suis plains à Anne, qui m’a proposé d’y retourner à ma place. Oh que non! Ne fais pas ça Anne, ça confirmerait nos soupçons. Elle ne l’a donc pas fait.

Deuxième expérience ouvertement discriminante : On a rencontré une personne dans un village proche de Dole qui nous a dit qu’elle avait besoin d’aide pour 2h, pour nettoyer une étagère dans le bar où elle est barmaid. Elle a proposé à Anne de l’aider. Anne a glissé mon prénom dans la conversation et ce fut le drame. Cette charmante habitante nous a dit qu’elle ne préférait pas que j’y aille vu qu’il y a des cameras de surveillance et que ses patrons sont fachos… J’ai répondu qu’il n’y avait pas de soucis et que de toutes façons je n’aimais pas faire le ménage. Quelques heures après j’y ai réfléchis, parce que ça m’avait troublé et ses paroles raisonnaient encore en moi. Pourquoi j’ai dit que ce n’était pas grave ? Et pourquoi je n’ai rien dit aux marchandes de Dole ? Parce que je n’aime pas déranger, je ne veux pas être la personne qui pose problème, j’ai été éduquée à accepter des choses inacceptables donc forcément cette habitude revient dans ces moments. Je veux être aimer de tous parfois donc je me manque de respect. Je ne suis même pas sure que ce soit du racisme.

Il suffit ! Stop, il faut que je pose mes limites et que j’assume mes valeurs. Je veux aussi que les personnes qui font preuve de racisme l’assument et arrêtent de discriminer. La phrase « J’ai un ami black/beurre » n’est plus d’actualité et – d’ailleurs le mot noir n’est pas une insulte, n’en n’ai pas peur. Et le terme beurre est tellement has been, bitch please don’t use it in my presence !

Je suis un peu déçue de vivre ces situations qui confirment parfois certains de mes clichés sur la campagne. Ce n’est pourtant pas à moi d’avoir honte, NON. Je suis une victime des situations précédemment décrites et je sais que ce que je ressentais à ce moment là était légitime. J’ai ressenti cette haine.

Donc je décides aujourd’hui de jeter cette boule de honte à la poubelle. Comme mon père avant moi, je ferais ce que j’ai à accomplir sans me préoccuper de cette haine que certaines fières personnes ne dissimulent même pas !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
11 + 20 =