Dimanche 14 Juillet

Nous sommes le 27 juillet quand j’écris cette journée mais heureusement, je me suis laissée des mots clés dans mon carnet pour retracer fidèlement nos journées.

Visiblement, nous avons mal dormi toutes les deux. Après un petit déjeuner banal et une vaisselle habituelle, nous avons fait une petite balade dans le village qui nous a amenées à la pizzeria. Nous avons hésité à nous arrêter pour manger. Mais, le repas républicain du 14 juillet était prévu le soir. Ils allaient installer plein de tables et de chaises. Toutes les personnes voulant y participer devaient apporter quelque chose à manger et s’asseoir à une table. Peut-être que si nous avions mieux dormi et que nous n’avions pas appris la veille que le village voté majoritairement FN, nous nous serions installées avec eux, super heureuses de rencontrer plein de monde. Mais, comme vous l’avez compris, ce ne fut pas le cas et on réserva la pizzeria pour le soir.

Nous sommes retournées au camion. Nous nous sommes fait à manger en continuant de lire Paul B. Preciado. Nous avons mangé des nouilles chinoises avec des haricots verts et des tomates devant un match de tennis où un jeune garçon affrontait sa mère et sa grand-mère.

Après le repas, Wumi est allée se reposer dans le camion, j’ai lu un peu du volume de Lucky Luke que j’ai emprunté à ma famille. J’ai nettoyé le réchaud et j’ai écrit dans mon carnet. Wumi m’a rejoint et après avoir regardé un match de tennis bilingue anglais-français, nous sommes allées à la pizzeria.

Le repas républicain avait déjà beaucoup de succès. Nous étions contentes d’avoir notre table à l’écart et de manger des pizzas dans un restaurant qui vendait son propre pain le matin. Un concert a commencé à 20h30. Un guitariste restait sur scène et les accompagnateurs.rice-chanteuse.rs se relayaient à ses côtés (il y a eu trois hommes puis une femme). J’ai eu envie de prendre une photo de toute la place et je me suis fait cramée par une femme attablée. Je suis allée la voir pour lui montrer la photo. Quand j’ai raconté qui nous étions, elle m’a répondu : « Aaaaaah c’est vous les manouches ! » Et, mon réflexe à vouloir me faire aimer de tout le monde, de ne pas poser de problèmes, de ne pas créer de débats, de ne pas gêner, déranger, embêter, m’a fait continuer sa blague. Je me suis soulée. Un homme a changé de sujet. J’en ai profité pour partir et le raconter à Wumi : lui raconter la phrase de la dame et ma réaction qui m’a énervée.

Puis, le concert s’est transformé en bal avec comme première chanson le maddison puis le kuduro … Une table derrière nous était occupée par des touristes. Je suis allée leur parler, leur dire que c’était des sons que l’on entendait très souvent dans ce genre de fête. Ils étaient ravis, c’est exactement ce qu’ils cherchaient : un petit village paumé en France avec de la chanson française en première partie et un bal réunissant des personnes âgées et des enfants, tous souriants. Parfait.

Enfin, la soirée républicaine s’achevait par un tour du village avec les enfants tenant des torches et un camion de pompier qui ouvrait la marche. Nous avons suivi le cortège et l’avons dépassé à la fin pour aller voir les feux d’artifice pénardes. Autour du village coule une rivière, un pont le relie à notre campement. Sur ce pont, se trouve toujours un vieil homme qui nous salue tous les matins et nous parle à chaque fois qu’il nous voit. Nous sommes parties vers le camion chercher nos chaises, il nous a vu et nous a conseillé de le rejoindre parce qu’il avait la meilleure place. Il avait raison. Il nous a souhaité bonne nuit avec le sourire, nous avons fumer une dernière clope et nous nous sommes couchées.

Je vais en profiter pour vous raconter lundi. Nous avons fait une grande balade avec Flaca et nous avons fait notre première douche solaire. Point.

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